Trois Filles : les trois sœurs de la maison rose
Neuf hectares de vignes aux Lauves, et pendant des années, toute la récolte partait à la coopérative. Puis l’aînée a proposé à ses parents de faire leur propre vin. Depuis 2013, Audrey, Léonie et Justine Arlon élaborent leurs vins avec leurs parents, dans une maison peinte en rose. Nous en proposons deux : un Bandol rosé et un Côtes de Provence.
Comment des coopérateurs sont devenus un domaine
Les Lauves est un quartier de La Cadière-d’Azur. Son nom vient des grandes dalles calcaires qui affleurent du sol. Entre de vieux oliviers et des genêts, Madame et Monsieur Arlon cultivaient la vigne, presque entièrement en appellation Bandol, et livraient leurs raisins à la coopérative.
Audrey, l’aînée des trois filles, a étudié l’agriculture. Elle a ensuite travaillé trois ans au Chili et à Bordeaux, puis est devenue maître de chai dans un domaine de Bandol. C’est elle qui a proposé à ses parents de vinifier eux-mêmes. Le premier millésime du domaine date de 2013. Léonie, qui s’était spécialisée dans l’alimentaire, les a rejoints un an plus tard. Justine faisait encore ses études.
Ils ont fait peindre la maison en rose. Quand l’équipe de Bandol Vins & Comestibles l’a visitée en mars 2019, elle a écrit dans son magazine Millésime que la maison se détachait du paysage vert « comme un marshmallow dans un pré ». Dans le logo, le point du i de « Filles » devient une fleur, et la même fleur orne l’encadrement de la porte.

Le Domaine des Trois Filles aux Lauves, entre les oliviers.
Le vignoble et la cave
Le vignoble s’étend sur un coteau au-dessus de la Méditerranée, face à la baie des Lecques, près de Saint-Cyr. Il est entouré de garrigue et d’oliviers centenaires. Selon la famille, sa situation protège les vignes du brouillard, du gel et du mistral.
Les Arlon travaillent le sol et font l’essentiel du travail de la vigne à la main, de l’épamprage à l’éclaircissage. On vendange tôt le matin, en petites caisses, pour que les raisins arrivent au chai frais et intacts.
La cave est creusée dans le coteau, dans la roche de leur propre vignoble. Les raisins tombent dans le pressoir par gravité, sans pompe. Il y fait entre 14 et 16 degrés toute l’année. À l’intérieur, les surfaces sont laquées rouge prune et rose.

Audrey Arlon au chai. Les deux rosés sont élevés en cuve béton.
Deux rosés, une seule cave
Les deux rosés sont élaborés de la même façon : vendange manuelle, pressurage direct, fermentation à basse température, élevage en cuve béton. La différence vient du vignoble et des cépages.
Le Côtes de Provence compte 60 % de grenache, avec du cinsault, du carignan et 5 % de mourvèdre. Ses vignes sont presque toutes palissées et donnent 45 hectolitres par hectare. Dans le verre, il est pâle et très aromatique, avec du pamplemousse et d’autres notes d’agrumes. C’est le rosé de l’apéro. En mai 2019, Millésime en avait fait son vin du mois.
Le Bandol rosé inverse les proportions : 60 % de mourvèdre, 25 % de grenache, 15 % de cinsault. La plupart des vignes sont conduites en gobelet et ne donnent que 35 hectolitres par hectare. Le mourvèdre mûrit tard et a besoin de beaucoup de chaleur jusqu’à l’automne. Dans un rosé, il apporte de la structure et une longue finale.
Le goût du Bandol rosé
Robe très pâle. Au nez, des fruits exotiques, de la pêche et des agrumes. En bouche, il est onctueux et dense, avec une longue finale.
Audrey le recommande avec un risotto de Saint-Jacques. Sa fiche technique cite aussi les crustacés, les viandes aux saveurs épicées et, plus surprenant, un crumble pommes-cannelle. Le Côtes de Provence, elle le sert avec des petits farcis provençaux, des rougets ou un loup grillé.
Sers-les tous les deux entre 12 et 14 degrés, comme l’indique la fiche du domaine. Sors donc la bouteille du réfrigérateur une demi-heure avant le repas.

Deux des trois sœurs Arlon sur un vieux tracteur.
Nos deux autres domaines de Bandol
La Suffrène, à La Cadière-d’Azur, a livré ses raisins à la coopérative jusqu’en 1996. Puis Cédric Gravier a commencé à vinifier lui-même. Son rosé Tradition contient 45 % de mourvèdre et est élevé sur lies fines en cuve inox.
Gros’Noré appartient à Alain Pascal. Jusqu’en 1995, il vendait ses raisins au Château de Pibarnon et au Domaine Ott. Après la mort de son père, il a construit le domaine à la main avec son frère. Son rosé compte 54 % de mourvèdre, et une partie des raisins macère brièvement avant le pressurage. Des trois Bandol, c’est le plus puissant.
Nos Bandol rosés
Tous les rosés-
AOP Bandol Rosé 2025, Trois Filles
60 % de mourvèdre, pour la table.
CHF 20.00
-
AOP Côtes de Provence 2025, Trois Filles
Grenache et cinsault, pour l’apéro.
CHF 15.50
-
Bandol Rosé Tradition 2025, La Suffrène
La Suffrène, 45 % de mourvèdre.
CHF 21.00
-
Bandol Rosé 2025, Gros'Noré
Gros’Noré, le plus puissant des trois.
CHF 26.50
Notre conseil : si tu ne prends qu’une bouteille, prends le Bandol rosé de Trois Filles et bois-le à table. Si tu veux savoir ce que le mourvèdre apporte à un rosé, ouvre-le à côté du Côtes de Provence. Les deux viennent de la même cave, tu goûtes donc surtout la différence entre les cépages. Tu en sauras plus sur la famille sur la page du domaine Trois Filles.